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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 17:01


À Ytres on voit arriver les Allemands fin février 1943 pour faire la base de V2 

V2.jpgreproduction d'un V2

dans le souterrain du Canal du Nord .

Beaucoup de maisons sont prisent par les Allemands pour mettre les bureaux des firmes Française, Belge, Allemande. La plus grande est la firme Cook-Mayer de Coblence, son bureau était dans la maison Cheutet route de la gare. Le poste Allemand de l’armement était installé dans la maison Courtaux André. La kommandatur était dans la mairie, 2 mitrailleurs sur le toit . Les Allemands avaient maçonnés quelques fenêtres et mis un gros grillage sur le balcon pour empêcher les jets de grenades. Chez M Deffossé était le poste pour le carburant. Chez Mme Courtaux Suzanne était la firme Santana de Lyon. Il y avait aussi quelques firmes comme Siskavi et Dumoulin. La firme Siskavi était chez Mme Lamouret Léone , Le directeur de cette firme était un Belge du nom de André Vampuvele et sa femme qui travaillait pour les Allemands . À cette époque on s’occupait de la maison Clara Belot notre cousine qui se trouvait au fond de l’impasse de la rue des écoles . Dans les deux pièces logeait un faux ménage , un Algérien du nom de René Souag et une Alsacienne du nom de Suzanne Raban; ils venaient à la maison, ils étaient très bien.

Un jour Mr Vanpuvele vient à la maison et sur la table il y avait un dépliant des meubles que l’on fabriquait chez Wilbaut, il a acheté une salle à manger renaissance Anglaise et une armoire à deux portes . Mon frère Jean-Marie à été lui monter chez Mme Lamouret Léone . Après quelques temps dans cette maison ils allèrent s’installer chez Mr Demonchaux, Mr Capelle à habité cette maison, à l'heure actuelle elle est la propriété de la famille george 

tour-du-rouet-2.jpgancienne maison demonchaux

. Les meubles après la guerre sont restés dans la maison. Maintenant ils sont chez Mr Demonchaux Jean.

Dans beaucoup de maisons à Ytres il y avait des Allemands civils et quelques militaires . Par la suite les Allemands installèrent un 2e poste de soldats dans la maison des employés de la gare maintenant maison Simonet.

À la maison, dans la petite maison dans la cour on logeait 2 Belges et 1 Mexicain (Louis Loccoche, Prosper…., Pedro Santos qui se disait Mexicain) mais c’était faux il était Espagnol de l’armée rouge , quelques jours après la libération il disparut pour toujours , on n’a jamais eu de nouvelles de lui.

Quand à Louis Loccoche il nous a envoyé une lettre de Belgique pour dire qu’il était bien rentré .

Quand à Prosper ,il fut inquiété par les autorités Belges , il faisait parti de la N.S.K.K société belge de transport au service des Allemands .
Après quelques jours ils mitraillèrent un grand camp dans le petit bois pour y loger 1500 personnes (des requis du S.T.O, Belges, Français, Hollandais, Algériens) . Dans le camp ,il y avait une grande cuisine , un jour il firent un second camp entouré de fils de fer barbelés, postes de garde et miradors . On vit alors arriver des hommes avec des costumes rayés et chaussés de sabots sans chaussettes . Tous les jours les Allemands passent avec un chariot, c’était des hommes qui le tirait à la place des chevaux , ils étaient gardés par des Allemands baillonnettes aux canons , ils ramassaient de la paille ,du fourrage et de l’avoine . Un jour je travaillais chez madame courtaux Suzanne,en face il y a un poirier,

 

coutaux.jpgà droite chez Mme Courtaux (une des petites filles est Suzanne) à gauche la maison avec le poirier
                                                        

       je vois arriver le chariot, les hommes prirent d’assaut l’arbre,ses poires sont dures comme des cailloux ,il les mettaient sous les roues du chariot pour les écraser et les manger, les Allemands leurs donnèrent des coups de crosses et de matraques . Dans les Allemands il y avait des Français à bérets, sur leur manches on pouvait lire G.M.R ils étaient plus brutaux que les Allemands , un Allemand riait de voir cela . Ces gens habitaient le camp de barbelés. Malheureusement à ce moment là on ne trouve pas de pellicules pour prendre des photos, quel malheur.

C’est honteux de traiter des gens comme cela.

Mon frèreHenri est arrêté par la gestapo le1er avril 1944.

Un jour ma mère fait un pain avec ce que l’on avait et elle nous dit d’aller porter ce pain au camp, on cultivait du tabac on mit quelques feuilles avec , j’avais acheté 2 cahiers de feuilles à rouler pour mettre avec le tout. Avec mon frère on s’est rendu au camp, ils nous regardaient avec des regards perdus et on jeta ce paquet au dessus des barbelés. Aussitôt du poste de garde un homme en béret sort, il nous donne à chacun un coup de pied au cul. Un allemand regardait la scène et il riait. Un des requis Français se maria avec une fille de Ytres après la libération.
On n’avait plus de travail chez Wilbaut, on faisait tout le travail qui se présentait (démariage de betteraves , travail chez Oscar Prince maréchal-ferrant à l’époque), un jour on voit arriver à la maison le maire Gontrand Deméaulte ,il avait un papier de la défense passive de la Somme. C’était pour faire des trous tous les 60 mètres le long des routes chaque trou devait faire 1,50m de long, 1m de profondeur et 0,70m de large avec des marches d’un côté. Pour 30f du trou à l’époque, on entreprit ce travail avec mon frère Jean-Marie. On avait touché un acompte de 150f pour la mise en route et le reste nous fut payé après la libération après bien des démarches. une journée alors qu’on faisait des trous sur le chemin de Ruyaultcourt , on voit arriver un camion Allemand dans cette direction, soudain il arrive un avion à deux fuselages, c’était nouveau de voir un pareil avion, il mitrailla le camion, je n’ai jamais vu des hommes courir si vite, le camion fut atteint dans le moteur et il ne pouvait plus repartir. Le même avion mitrailla aussi la râperie de Bertincourt et un train dans la gare d’Hermies et la locomotive fut touchée.

Après la reprise chez Wilbault il y avait un ouvrier d’Hermies Julien Dreux il habitait en face de la gare, la maison en travers , il m’apporta 3 douilles de mitrailleuses de 12,7 marquées M-43 que j’ai encore à la maison.

Quand les trous furent finis , la direction de la défense passive avisa les gens de faire des abris dans leurs jardins. À la maison il y avait un abri creusé dans le jardin recouvert de grosses tôles de la guerre de 1914 et 70cm de terre dessus , une bombe aurait eu vite fait de la traverser. Par ordre de l’autorité Allemande il fallait faire un grand abri, alors on s’est mis à l’ouvrage pour découvrir le fameux souterrain Espagnol . Pour cela on perça un trou dans la pature Haroué, un homme de Roisel est venu et il dit que c’est à cet endroit que part le souterrain, c’était un véritable chantier, j’y travaillait ,mon frère Jean-Marie, Émile Ponche ,Louis Capelle, Franck Albi, le mari de l’institutrice, une personne du midi, un soldat du 3è d’artillerie. On ne trouvait pas le souterrain, un jour on voit arriver Émile Raison, Gaston Demonchaux et le Commandant, il nous dirent que le souterrain avait été découvert entre la mairie et la maison Hénocque. Les Allemands voulaient faire un abri. C’était Marcel Drode qui l’avait découvert en premier. Notre chantier dans la pâture fut arrêté et les Allemands ont aménagé une descente pour accéder au souterrain dans la cour Hénocque.

Beaucoup de cultivateurs ont été réquisitionnés pour faire des transports : Ytres--canal--gare--souterrain

 

                                       LOUIS CARNIAN

 

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Published by riton5012 - dans Histoire de guerre
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commentaires

jean-marc lorthois 31/01/2012 16:28


Mon père est décédé le 11 janvier dernier. Je découvre dans des vieux papiers, un certificat le concernant correspondant à une courte période ( 3.7.44 - 1.8.44 ) passée à Ytres dans le cadre du
S.T.O. Ce certificat ( WHERMACHTSBETRIEB ) a été établi par la firme allemande J.H.Gustav Burmeister ( je constate que cette firme existe toujours à Hambourg ). Le document retrouvé est une
"permission pour traitement à domicile", ce qui a permis à mon père de rejoindre son employeur : les Houillères du Nord et du Pas-de-Calais.


 

riton5012 31/01/2012 16:40



bonjour


ce document est intéréssant car nous avons peu sur le travail des STO à Ytres pendant cette guerre, il y avait un camp où se trouvaient ceux qui avaient été pris qui ne voulaient pas travailler
pour les Allemands. les autres étaient logés chez l'habitant.


vous pouvez le scanner et me l'envoyer par mail à henri.lestocart@wanadoo.fr


ou me le faire parvenir à mon adresse


henri Lestocart 13 rue de Péronne 62124 Ytres.


je le posterais sur le blog


merci



Tina 08/07/2011 15:02



Bonjour,,je ne retrouvais plus la bonne page.


C'est fait. Je vous remercie de tout coeur de votre réponse.


Les blogs sont tout de même quelque chose d'extra et il peut se passer des moments heureux.


Merci à vous.


Tina



Tina 05/06/2011 19:08



Bonsoir, Quel Joie, ce texte !


Depuis très longtemps nous ne savions pas dans quel campa était mon père.


C'est mon frère qui a trouvé votre blog.


Pedo Santos était mon père. Nous l'avons retrouvé en 1947 . A l'époque j'étais fille unique. Ensuie j'ai eu 5 freères et soeurs. Tous vivants maintenant.


Merci à vous, si vous avez d'autres renseignements, je serai heureuse de les recevoir.


Je vais mettre votre texte sur mon blog en donnant la source.


J'ai 75 ans. Je suis la première fille de Pedro.


Amicalement.


Tina



riton5012 05/06/2011 20:12



Bonjour


je suis très heureux d'avoir ajouté de l'eau au moulin de votre famille.


Tous les textes font parties de cahiers provenant de Louis Carnian.


 Louis était un collectionneur réputé dans la région et plus encore. Je n'ai fait que reprendre ses écrits qui étaient restés consignés dans un cahier d'écolier où il avait noté ses
souvenirs.


Il connaissait bien le village et cherchait tous ce qui avait un lien avec la guerre de 1940 (il avait à l'époque 14 ans) et était déja passionné par tout ce qui avait attrait à cette guerre
et il avait aussi consigné d'autre histoires qui lui ont été (pour certaines) raconté par de personnes qui ont participés et subit la guerre de 1914.


je n'ai donc fait que transcrire toutes ces histoires que j'ai toutes signées du nom de son auteur "Louis Carnian" qui est décédé depuis plus d'une dizaine d'année.


je suis content d'avoir donné quelques renseignements sur votre père mais je n'ai malheureusement pas d'autres reseignement à son sujet.


merci pour votre commentaire très émouvant et qui donne toute la dimension à mon plaisir de mettre ne ligne et faire partagé les documents que je possède.


merci



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