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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 18:17

Pendant cette "guerre" il existait à Ytres un camp allemand qui se trouvait dans le bois Trannin (où se trouve la maison) dont la construction à été édifiée sur le blockhaus qui se trouvait à cet endroit.

j'ai reçu ce document d'une personne dont le père est décédé récemment  et qui était à Ytres pendant ce conflit.

 

Beaucoup de prisonniers du camp étaient des personnes qui avaient tentées de se soustraire au S.T.O (service du travail obligatoire) . D'autres qui étaient venus "de leur plein gré" pour éviter en représailles de se retrouver dans le camp pour ce même STO,  logeaient chez l'habitant.

 

 

Il s'est servi de ce document pour rejoindre son employeur , "les Houillières du bassin du Nord et du Pas de Calais"  .

Il me précise que la firme "Gustav Burmeister" existe toujours en Allemagne.

 

 


sto.jpg


 5 jours d'écart entre ces deux fait 


 

 

 

 

voici un second document que l'on m'a fait aussi parvenir.

 

 

extrai livre 1940-1944

 

 


  ce qui suit m'a été raconté par André Carnian "frère de Louis"

 

         Le pont de la route d’Equancourt est devenu le pont des Anglais en 1920 car une voiture avec 4 Anglais est tombée  en contre-bas du pont démoli par les Allemands, ils étaient 4 dans la voiture, ils sont enterrés dans le cimetière d’Etricourt au fond, Jean-François Carnian et Gontran Deméaulte étaient présent quand l’auto est tombée, ils sont descendus pour les secourir mais ils étaient morts, ils les ont remontés en haut du pont à l’aide des cordeaux des chevaux.

         En 1940, c’était un convoi allemand qui arrivait d’Equancourt,  il y avait un chauffeur et un lieutenant dans la voiture de tête qui est tombée en bas du pont, c’était le génie français qui l’avait fait sauter peu de temps avant. Le convoi allemand a contourné le pont en passant par la butte au dessus du canal et ils ont rejoint les deux soldats Français dans Etricourt et ils les ont fusillés, ils sont aussi enterrés dans le cimetière d’Etricourt. Les deux soldats allemands ont été enterrés sur le côté du pont avec des croix et leur casque accroché dessus, les casques ont disparus ensuite.

 

  pont-de-chemin-de-fer-detruit-par-les-Allemands---copie-2.jpg

                                                     le pont des Anglais

 

 

Le bois de la Vierge s’appelait comme çà car il y avait une statue de la Vierge à l’entrée dans le creux d‘un arbre, elle a disparu à la guerre.

Dans le milieu du bois il y avait le puits du bois 44 qui servait à envoyer de l’air dans le tunnel pendant les travaux du canal, il s’est effondré avec les années, il y avait un cratère énorme et la voûte du tunnel s’était effondrée, les Allemands ont rebouché le trou et réparé la voûte du souterrain. Ils ont pompé l’eau avec de grosses pompes Siemens et refoulé l’eau dans le canal de la Somme quelques kilomètres plus loin par un système de gouttières en forme de V, au début il y avait beaucoup de fuites dues au fait de la mauvaise étanchéité des planches mais ensuite le bois a gonflé et le débit d’évacuation d’eau était très important, comme il y avait des sources à l’intérieur du tunnel ils ont fait venir plusieurs trains de sacs de ciment et ont fait une dalle avec les sacs qu’ils ont mouillés et, ils ont réussi a pratiquement stopper toutes les remontées d’eau.

La Kommandantur se trouvait à l’époque à la première maison à droite en entrant dans Ytres par Etricourt.

        André Carnian travaillait chez un artisan à Fins. Il passait tous les jours sur le pont de Chemin de fer qui enjambait le canal avec son vélo en passant sur les traverses. Il voyait les trains qui arrivaient et le déchargement des machines outils pour usiner sur place les pièces de V2 à l’intérieur du tunnel.

        Il y avait un camp allemand sur le terrain Tranin (le bois d’Ytres). A l’emplacement de la maison, il y avait un blockhaus, en entrant vers la maison à droite il y avait un bâtiment occupé par les Allemands et un endroit aussi qui recevait des filles pour les Allemands, certaines étaient du village.

Sur la gauche étaient les baraquements des prisonniers de toutes nationalités, ils étaient environ 2000 il y avait aussi des prisonniers Allemands qui étaient hostiles à Hitler.

Quand il y avait une alerte, dans le camp il y avait un morceau de rail de chemin de fer suspendu à une corde et ils frappaient dessus avec un marteau et le bruit résonnait très loin autour de l’endroit.

         Au coin de la rue du Pourchain, il y a un calvaire et un mât qui servait à hisser le drapeau nazi et une pompe à essence pour l’armée allemande pendant la guerre de 1940.

         Mr Haroué a racheté au domaine après la guerre des cuves qui provenaient du canal et qui étaient prévues au départ pour stocker le carburant des V2, elles étaient en aluminium et servaient au stockage de fuel pour la minoterie, elles ont été démontées par Pascal Dherbécourt pour faire le parking du « garage du moulin » actuel.

Les machines outils ont été récupérées  par les domaines car la guerre s’est terminée le 2 septembre, les Allemands étaient partis le 25 août.

        Avant le carrefour d’Etricourt, dans le petit bosquet à gauche, il y avait des canons de 20mm Allemand et les soldats logeaient à Etricourt.

        En 1914 la kommandantur était chez Courtaux Duchemin et André Courtaux racontait qu’il surveillait le départ de Kleinshmidt qui logeait chez eux à l’époque et, il allait dans son bureau pour lui voler un cigare, et un jour croyant qu’il était parti il est arrivé dans le bureau et Kleinschmidt était là, il lui demandait la raison de sa présence et il eut la présence d’esprit de répondre que c’était sa mère qui l’avait envoyé pour demander l’heure car leur horloge était arrêtée.

        Alfred Lubart était requis pour planter des pommes de terre et comme il avait remarqué que les sentinelles n’y connaissaient rien à l’agriculture, il mettait un seau de plant par trou, les Allemands ne faisaient que de charrier du plant et au moment de l’arrachage il y avait des pommes de terre partout.

        Pendant la guerre de 1939-45. Pedro Santos était requis pour le S.T.O, il travaillait pour le canal et c’est pour cela qu’il habitait chez Carnian et non au camp.

        Les Américains ont fait prisonniers des S.S qui étaient à Léchelle. Arrivé à Ytres devant chez Léone lamouret un des SS qui avait reçu une balle dans la cuisse ne pouvait plus aller plus loin, ils appelèrent le docteur Lesage de Metz en Couture qui lui fit une incision dans la cuisse pour extraire la balle sans anesthésie, ils ont ensuite été gardés prisonniers à l’école des garçons derrière la mairie en attendant d’être emmenés par l’armée Américaine.

        Quand les Allemands ont quitté le camp, toute la population s’est précipitée pour piller le camp, tout ce qui pouvait être intéressant, André et louis ont récupéré une boite en fer, une boite à clous, un marteau et une tenaille. Madame Bosniak est sortie du camp avec un cabas plein de vaisselle, un Allemand qui passait par là a sorti son luger et a tiré dans le sac, toute la vaisselle fut cassée, il aurait pu la tuer, alors tout le monde a ramené la vaisselle et quand ils sont repartis pour de bon les gens y sont retournés encore une fois pour reprendre ce qu’ils ont pu.

       Avec  Louis nous étions toujours ensemble et chez Simonet à l’époque se trouvait un bureau allemand, le bas était vide mais en haut de l’escalier il y avait d’autres bureaux où il y avait encore des papiers, on était en train de fouiller dans les papiers quand on a entendu un bruit de moteur, c’était une jeep allemande, on s’est dit « on est pris », 4 officiers sont descendus de la voiture et ils sont entrés, ils cherchaient quelque chose de précis, et ils ont trouvé ce qu’il cherchaient car ils sont repartis avec des documents sans monter à l’étage, on a eu peur car s’ils nous avaient vus, on ne sait pas ce qui se serait passé car nous avions 14 ou 15 ans à l’époque. Quand Louis trouvait quelque chose dans le bois,  il me l’amenait pour me le montrer, on en a fait avec Louis, c’était un frère, mais un frère particulier, j’étais très attaché à lui, je lui donnais un coup de main pour sa collection, pour marquer ses objets ou monter dans son Musée en haut des objets lourds, on était toujours ensemble, Louis était un connaisseur sur tout ce qu’il ramenait, il ne fallait pas lui raconter de conneries.

        Le frère de Constance Dazin était un aviateur dont l’avion  fut abattu à Doullens, il était pilote d’essai aux usines Potez à Méaulte, il avait 19 ou 20 ans, tous les jours ils sortaient un avion de chez Potez et il venait au dessus d’Ytres pour les essais, il piquait sur la cours de récréation au raz des toits, on se disait toujours « un de ces jours il va se casser la figure. ».

       Un jour où j’étais chez la coiffeuse Marie Carré, route de Neuville-Bourjonval, il est arrivé avec sa moto, en 1939 il avait déjà une Harley et c’était un bel homme. Marie lui dit « un bel homme comme toi tu vas bien te marier » il lui répondit « jamais tant que je ferais un métier aussi dangereux. » ensuite à l’appel de De Gaulle, il est parti en Angleterre et il a servi dans les forces Françaises Libres.

Constance m’avait fait voir toutes ses citations, même Marcel Wattebled respectait cet homme car il y avait ses médailles accrochées et ses citations dans la cuisine et jamais il n’y a touché.

        Quand il fut abattu au dessus de Doullens il a sauté en parachute et a été blessé, il a été fait prisonnier par les Allemands qui l’ont soigné au Val de Grasse, et comme il était « irrécupérable » il est revenu à Ytres en uniforme. Il se promenait dans les rues habillé en lieutenant de la guerre 14, les Allemands ne disaient rien,  ils connaissaient son état, quand les forteresses volantes passaient au dessus de Ytres, il se tapait la tête dans les carreaux qu’il cassait , il était devenu fou. Les Allemands l’ont renvoyé au Val de Grasse une seconde fois et il est mort et enterré là-bas. Un jour, on était en train de faire des meules de fourrage derrière le cimetière, il est arrivé avec une fourche et il a démonté toutes les meules que l‘on venait de faire.

       Monsieur Watel Henri, père du sergent chef Pierre Watel aviateur du Groupe Lorraine, qui a été abattu avec son avion au-dessus d’Eperlecque le 8 février 1944, a été maire de Ytres un mandat, il n’a pas plu, il était communiste.

 

Pierre-Watel--5-.JPG

 

       A Etricourt il y avait une batterie d’artillerie, les soldats avaient des épaulettes jaunes, il y avait une batterie de 4 canons cachés dans le petit bosquet avant le carrefour de la route d’Equancourt.

       Il y a deux ans je discutais au repas des anciens à Hermies avec une personne que je ne connaissais pas et je lui demandais de où il était, il me répondit de la région parisienne, de Juziers.

       Quelle coïncidence, je lui donnais des détails sur la ville et il me dit ce n’est pas pensable: vous y avez été hier, j’ai une très bonne mémoire, j’y ai été évacué le 17 mai avec Clément Bruguet et sa belle mère Havé Normand originaire d’Etricourt dont les parents possédaient une boulangerie, sa femme Jeanne était morte à l‘époque. Clément avait son fils Jean qui habitait Juziers, rue des Hauts monts, il était marié avec Jeannette Curtis qui travaillait à Paris.

       J’y ai aussi retrouvé une personne de Manancourt qui travaillait à Méaulte et l’usine avait été remontée à Meulan et il avait été affecté là-bas.

       Jean Bruguet venait en vacances après la guerre à Ytres et il était copain avec Alfred Bédu.

        Clément Bruguet avait perdu un poumon à Verdun pendant la guerre 14, il n’allait plus au front et à été reconverti comme tourneur dans une usine.

 

Copie-de-Clement-Bruguet.jpg

 

                                                                                                         André Carnian

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Published by riton5012 - dans Histoire de guerre
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commentaires

henri bassez 29/02/2012 10:58


felicitation henri pour cet homage a francois

riton5012 29/02/2012 12:33



merci Henri, il méritait au moins ça.



carkiela 15/02/2012 11:56


Merci M. Henri pour ce que vous écrivez et que j'ai plaisir à lire.


Amicalement


Argentina.

riton5012 15/02/2012 16:40



merci Tina pour le petit commentaire



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